libres pensées

15 mars 2019

Terminus Autun (page 6)

Le major Princet n’étant pas rentré, je décide d’aller humer l’atmosphère de la ville. Je congédie Perrin non sans avoir échangé nos numéros de portable.

Le choc est violent, au propre comme au figuré. Sur le perron de la gendarmerie, je me heurte à une digne représentante de la gente féminine moderne : dynamique, vue la démarche, indépendante, décidée, et ma foi fort jolie.

Personne ne sait grand-chose de moi, hormis des choses plus qu’évidentes liées à mon caractère de cochon, que je n’arrive jamais à cacher bien longtemps. Je n’ai jamais aimé m’exprimer ni sur mes sentiments, ni sur ma vie privée. Peut-être par pudeur ? A moins que ce ne soit pour ne pas ressasser et dévoiler ce qui cloche en moi et que j’arrive maintenant à peu près à identifier.

Il n’en demeure pas moins que si mon ophtalmo me corrige bien la vue, c’est pour que je puisse apprécier ce qui est beau. Oui, je porte des binocles, et pas uniquement parce que mes bras s’allongent pour faciliter la lecture à mon âge.

Cette dame est donc charmante, même si elle manque un peu de finesse au premier abord. La quarantaine, sa blondeur et l’oval parfait de son visage mis en évidence par un carré plongeant... Sa silhouette est également « intellectuellement avantageuse ».

Ça vous étonne cette culture en coiffure ? Moi aussi. Il y a du vocabulaire que l’on retient sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce que ça rappelle quelqu’un ou une situation qui vous a marqué, allez savoir…

-          Vous êtes le flic de Paris ?

-          A qui dois-je cette perspicacité ?

-          Odile Frappart, journaliste à Morvan Presse.

-          Morvan quoi ?

-          Le quotidien local. Ne commencez pas à être dédaigneux, me lance-t-elle avec son plus beau sourire

-          Si vous cherchez le major Princet, il est absent.

-          Ce gros porc imbu de lui-même ? Non, c’est vous que je cherchais. Ne me demandez pas comment je vous ai trouvé, je fais le même métier que vous non ?

-          Si vous le dites.

-          Vous me payez un verre et vous en profitez pour me donner quelques tuyaux ?

-          Et à part passer un agréable moment en votre compagnie j’y gagne quoi, madame Frappart ?

-          Odile. Et vous c’est comment ?

-          Franck, puisque mes parents ont choisi ce prénom.

-          Enchantée Franck !

 La dame a une poignée de main virile, mais correcte. Malgré mes réticences à pactiser avec l’ennemi, je me laisse convaincre et prends donc place dans la Clio grise d’Odile, nettement plus propre et récente que le Kangoo aux bandes réfléchissantes passées au soleil conduit par Perrin.

-          Je vous fais faire un petit tour de la ville ? Vous verrez c’est vite fait, pas besoin d’un périphérique ici.

Ça m’a toujours fasciné ce besoin de faire systématiquement une référence parisienne dès que mes semblables savent que vous venez de la capitale. A chaque fois j’ai juste envie de leur dire : « Eh oh ! Les gens ! Je ne suis pas né parisien et j’ai une vraie vie, une vraie famille qui vit quelque part là où on peut croiser assez facilement des vaches et des chevaux autrement qu’au rayon boucherie de l’hypermarché du coin. »

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01 mars 2019

Terminus Autun (page 5)

Perrin m’attend à côté de son Kangoo préféré, dont la rouille du bas de caisse apporte une note de couleur digne d’un styliste parisien.

-          Vous êtes mieux logé que moi à la caserne dites-donc capitaine !

-          C’est quoi cette histoire de centre d’enfouissement de déchets ?

-          Ouh là ! Un sujet sensible ici. On enquête justement sur un petit groupe d’activistes farouchement opposés à sa création.

-          Tu peux m’en dire plus ?

-          Disons que ça ne faisait pas partie du programme de monsieur le Maire aux dernières élections. Sa majorité était de plus en plus réduite et il s’est lancé un peu à contre cœur dans le développement durable : éoliennes, véhicules municipaux électriques, soutien moins marqué à la fédération de chasse locale… Autant vous dire que lorsqu’il a lancé ce projet lors d’un conseil municipal, c’est un peu parti en cacahuètes ! Personne n’a vraiment compris pourquoi et comment lui était venue cette idée-là. Certains disent qu’il a accumulé suffisamment de casseroles durant sa carrière politique que d’anciens amis soient venus lui rappeler à quel point il leur était redevable. Toujours est-il qu’il a reçu plusieurs fois des menaces de mort. Ça a été jugé suffisamment crédible pour qu’on s’intéresse aux sympathisants d’extrême gauche locaux.

Voilà, à peine deux heures que je suis arrivé et déjà au bas mot une vingtaine de personnes qui auraient pu pour des raisons diverses vouloir en attenter à sa vie. A combien montera le cheptel en fin de journée ? Oui mais de là à orchestrer cette mise en scène sanguinolente…

 

Comme je m’y attendais, le Commandant de compagnie de la gendarmerie d’Autun me fait poireauter depuis vingt bonnes minutes. Méthode classique pour bien montrer qui est le boss quand on n’a aucun autre argument ni pouvoir, outre celui de faire chier… Je l’imagine bien regardant en boucle les chaînes d’infos en guettant la fraction de seconde où on le voit acquiescer de la tête en pinçant la bouche pour étayer les déclarations du Procureur de la République durant son allocution de midi devant la gare. En poste pour deux ans dans un trou, il attend que ça se passe sans faire de vague, espérant un poste plus important ailleurs. Raté mon gars, toute l’attention de ta hiérarchie est désormais concentrée sur toi. De quoi passer des nuits agitées à cogiter sur tout ce qu’il ne faut pas faire pour se mettre dans la merde, et comment briller pour se faire remarquer positivement maintenant que cette sordide affaire a eu lieu.

La porte s’ouvre enfin sur un premier de la classe, mèche de cheveux savamment sculptée sur une coiffure militaire mais pas trop.

-          Capitaine Le Navel ? Bonjour, Commandant Philippe, Commandant la compagnie d’Autun. Entrez, asseyez-vous.

Il paraît que les gens dont le nom de famille est un prénom sont des psychopathes en puissance. A voir, chacune ses névroses. Le bonhomme est fébrile, ça se sent. Son bureau est celui d’un chef militaire. Des diplômes encadrés parfaitement alignés sur le mur derrière le siège du maître des lieux, avec un focus sur le certificat de parachutiste, graal de l’officier de gendarmerie, parfaitement inutile dans son métier mais qui montre que le mec en a… ça marche peut être en province ces conneries là. Il y a aussi et évidemment la photo de mariage en grande tenue, ainsi que deux charmants bambins coiffés et habillés à l’identique, avec la même mèche que papa. Les stéréotypes ont la vie dure parfois.

-          C’est étonnant qu’à votre âge vous soyez encore capitaine non ?

-          C’est parce que je suis plus jeune que j’en ai l’air très certainement, ou bien que la priorité est accordée aux Corses dans la Police, un peu comme pour les nobles dans votre Institution je crois.

Ça y est, c’est parti pour une joute verbale. Oh bien sûr je devrais faire mon mielleux pour flatter le gars et obtenir de pouvoir travailler tranquille, à défaut d’une franche collaboration. Mais c’est plus fort que moi, je ne supporte pas qu’on m’agresse verbalement.

-          Vous avez de la répartie pour un flic, et même un sourire sarcastique que ne prend d'habitude par la peine d'avoir un parisien.

-          Mon service est à Paris, mais je travaille sur tout le territoire, ça permet d’être accepté à peu près partout. J’espère qu’on pourra travailler en bonne intelligence, nous avons des intérêts communs.

En moi-même je me dis que le plus tôt je pourrai quitter ce trou à rats sera le mieux, et je visualise une nouvelle médaille remise en grandes pompes dans la cour d’honneur pour ce chef d’exception qui par sa rigueur formelle et son professionnalisme, aura résolu de main de maître et totalement seul une affaire sensible, mettant ainsi en exergue la Maréchaussée.

-          C’est une catastrophe pour la ville ce qui s’est passé. Vous connaissez bien évidemment la carrière de Monsieur de Noblecourt, et toutes les implications que peuvent avoir sa mort sur la population locale. Ma hiérarchie me harcèle autant que les journalistes depuis ce matin. Autant vous dire qu’on n’est pas habitués à ça ici. J’ai déjà une carrière derrière moi, mais ce qui arrive là…

-          Vous avez besoin de moi donc…

-          Oui… La pression est déjà forte, et ce n’est que le début sans doute.

-          Je vous le confirme. Tous vos faits et gestes vont être scrutés par les chaînes d’infos qui ont dépêché un petit jeunot ici avec pour seul objectif le scoop. Vos chefs vont vous téléphoner vingt fois par jour pour savoir où ça en est. Le proc va être constamment derrière votre cul pour vérifier que tout est fait dans les règles de l’art. Votre femme va vous questionner et vous reprocher de ne plus vous occuper de vos enfants… Si vous ne vous êtes pas suicidé d’ici la fin de la semaine je vous paie un resto.

-          J’espère que vous êtes aussi bon flic que vous maniez le cynisme, capitaine !

-          Un peu d’humour noir n’a jamais tué personne. Enfin, moins que l’entame du dépeçage d’un notable… Où en est-on des circonstances ?

-          Les premières constatations de "la scientifique" laissent à penser que monsieur le Maire a été tué d’un coup violent porté à la nuque. La mise en scène serait donc post mortem. Pas d’empreinte exploitable à ce stade de l’enquête, des recherches ADN sont en cours. Mais quel malade a bien pu faire ça ? Pourquoi cet acharnement alors qu’il était déjà mort ?

-          Deux hypothèses : soit ça veut dire précisément quelque chose, une vengeance pourquoi pas, soit c’est pour nous aiguiller sur une voie de garage.

Oui, j’aime bien mon humour fait d’allusions par toujours très finaudes.

- Le monde politique est plein de ressources, même si sa meilleure solution demeure le faux suicide presque parfait.

-          J’ai demandé au Major Princet, dont vous avez je crois fait la connaissance, de vous transmettre toutes les informations dont vous avez besoin. J’attends de vous deux une collaboration exemplaire. Ça suppose de votre part que vous ne fassiez pas cavalier seul. Je peux compter sur vous ? Vous viendrez me faire un rapport conjoint avec le Major chaque jour à huit heures, avec les éléments de la veille et vos prévisions pour la journée.

-          Bien évidemment mon Commandant…

C’est à ce moment précis que je peux être exceptionnellement faux cul. Non pas par plaisir perfide, mais parce qu’il faut ménager la chèvre et le choux si on veut être relativement tranquille. Ce major est un gros con qui veut diriger, ce commandant veut faire décoller sa carrière, et je veux faire ce que je sais le mieux faire : chercher, fouiner, déranger, confondre l’adversaire le plus coriace. Mon moteur est là. Quand je n’ai pas un os à ronger, je m’emmerde, et je deviens très chiant. Mon ex-femme pourrait en parler mieux que moi. Quand mon esprit n’est pas occupé, je deviens suspicieux, coléreux, invivable. Le sport pourrait être une alternative, mais je préfère l’activité de mes neurones à celle de mes muscles. Et puis comme ça, pas de mauvaise conscience quand je réalise que je suis en retard d’environ dix-sept mille pompes sur le programme que je pourrais m’être établi.

-          Je vous ai délégué Perrin. Un peu foufou, mais un garçon fiable et particulièrement dévoué, avec des valeurs certaines. Il n’est pas rare qu’il vienne bosser même quand il est de repos. Je suis obligé de lui imposer de prendre des permissions, c’est vous dire. Vous n’aurez aucun problème avec lui. Il est disponible H24. En ce qui concerne le major Princet, il a fait très largement ses preuves au sein de la Gendarmerie. Merci de respecter ses états de service.

-          Je peux avoir accès aux PV des auditions des personnes présentes hier soir, ainsi qu’à celui du chauffeur ?

-          Si vous demandez poliment au major Princet… Il faut que cette affaire avance vite capitaine, je pense que vous en avez conscience.

-          A demain huit heures Commandant…

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24 février 2019

Terminus Autun (page 4)

On mange bien dans la région ! Le patron m’a installé à l’Hôtel des Ursulines, un ancien couvent du XVIIème siècle parfaitement restauré. Il ne s’est vraiment pas foutu de moi. J’ai l’impression qu’il aime bien quand je suis loin de lui. Il doit se dire que mieux je suis logé, moins vite je vais revenir. Après avoir rapidement déposé mes bagages dans la chambre, je n’ai pas pu résister à la proposition du serveur du restaurant de déguster une bonne entrecôte. La bouffe, toujours la bouffe… Je ne me rappelle jamais de ce que j’ai englouti, si ce n’est que c’était très bon, ce qui est pour moi l’essentiel. J’ai la mémoire beaucoup plus aiguisée dans le cadre de mes activités professionnelles. Très sensible notamment aux voix, j’aime trouver des tessitures qui me font penser à des gens célèbres. J’ai interrompu un interrogatoire il y a quelques années parce que le gars en garde à vue en face de moi avait la même voix que Michel Platini… Inutile de préciser que mes petites fantaisies quelques peu en décalage avec l’univers de la police ne plaisent pas à tout le monde. Bon, au final le mec a avoué un triple homicide, alors on a été obligé de me féliciter. En même temps, on ne discute pas avec la voix de Platini tous les jours merde !

-          Ça fait longtemps que vous travaillez ici ?

-          Quelques années. Vous n’avez pas la tête d’un journaliste. Vous devez donc être flic non ?

Putain ça me flatte quand on me dit ça. A chaque fois que j’ai eu le malheur d’être sympa avec un encarté du syndicat de la presse, on m’a pris pour un con. Ces gens-là ont une telle facilité pour déformer tes propos que ça doit être un don. La sélection à l’entrée des écoles doit se faire là-dessus, j’en suis certain.

-          Vous avez raison, de toute façon je ne sais pas écrire, c’est pour ça que je suis dans la police.

-          C’est à propos du meurtre du Maire ?

Les nouvelles vont toujours très vite en province, alors qu’il n’y a même pas le métro, uniquement RDC – la Radio Du Coin - et bien souvent même pas de 4G.

-          Quelque chose comme ça oui.

Le mec est perspicace. La suite logique doit être de demander si j’ai déjà des soupçons…

-          Et vous avez une idée de qui peut avoir fait ça ?

-          Et vous, vous en pensez quoi ?

-          Oh vous savez, ce gars a tellement magouillé depuis près de trente ans qu’il était maire qu’il s’est forcément fait quelques ennemis. Mais il était apprécié par la population. Toujours un mot gentil, toujours présent à toutes les manifestations locales, très proche de ses électeurs quoi.

Un malin oui. J’ai feuilleté un peu sa biographie. Un jeune loup qui a compris très vite que pour ne pas se brûler les ailes en politique dès la sortie de l’ENA, il fallait s’exiler dans un trou perdu et faire ses preuves sans faire d’ombre aux dinosaures en place. Il a bien choisi le bougre ! Plus jeune ministre de l’histoire de la Vème République, il a rebondi tel un chat de fonction en fonction, mais en ayant la clairvoyance de ne jamais quitter son fief Morvandiau. Quand il s’est trouvé en disgrâce parisienne, il est tout naturellement revenu en héros ici. L’électeur aime voter pour les politiciens célèbres et leur serrer la main. Ça lui donne une importance. Certains ne doivent pas se laver le bras droit pendant plusieurs jours après, ou mettre sous cadre la veste du dimanche sur laquelle le Maire a posé sa main, du même geste fraternel que celui du boucher sur l’arrière train du boeuf qu’il s’apprête à saigner.

-          Oui mais concrètement, qui aurait pu lui en vouloir au point d’accélérer son passage vers l’au-delà ?

-          Il se murmure que sa dernière campagne électorale a reçu certains soutiens financiers, d’où sa volonté très récente de créer à cinq kilomètres d’ici un site d’enfouissement de déchets dont personne ne veut.

-          Et...

-          Désolé Monsieur, mon patron n’aime pas trop que je parle avec les clients, et s’il savait que ce que je viens de vous dire… Bon appétit Monsieur.

Au fond de la salle, un petit homme chauve type Louis de Funès, mais apparemment bien moins drôle, vient en effet de jeter un regard incendiaire à mon pauvre serveur. Joanna le remplace avantageusement au niveau physique, mais pas d’un point de vue conversation. Elle a dû être coiffeuse dans une autre vie…

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07 février 2019

Opération détox

Je viens de me rendre compte que je ne regarde plus les journaux télévisés, ou devrais-je dire, les émissions télévisées qui portent ce nom. Sujets pour moi depuis bien des années d'immenses vagues de râleries, car mon ancien métier dans la Marine Nationale m'a appris maintes fois comment on peut manipuler des faits. Que ce soit par calcul, ou tout simplement par ignorance, voire par bêtise, le traitement médiatique est toujours biaisé.

Ce matin, englué dans le flot de voitures bloquées dans les bouchons matinaux traditionnels de l'arrivée des laborieux à Nantes, écoutant "ma musique", regardant "mon paysage", l'évidence m'est apparue : mais tu ne râles plus !

Pourtant, il m'a bien coupé la route ce connard de bobo en vélo avec ses écouteurs enfoncés si profondément dans les oreilles qu'ils doivent communiquer directement avec tout le système ORL ! Et l'autre là, qui force le passage pour s'insérer dans le trafic et ferme invariablement la porte à quiconque voudrait faire la même chose cinquante mètres plus loin, sans doute en raison d'un Alzheimer non diagnostiqué. Ah j'oubliais tous ces bus qui circulent en site propre comme on dit, et qui sont prioritaires sur tous les autres modes de circulation, rendant infernale toute tentative d'entrer ou sortie de Nantes aux heures de pointe, et confortant par là même l'adage selon lequel l'automobiliste est bien le pauvre bougre sur lequel on s'acharne continuellement.

En y réfléchissant, mes problèmes n'ont pas disparus, je le saurais quand même non ? Je suis bien moi, j'arrive à me reconnaître dans le miroir tous les matins en dépit de l'oeuvre des années qui passent. Les influx qui arrivent à mon cerveau sont les mêmes.

C'est ma manière de choisir de les intégrer ou pas qui a changé. Fuir le négatif, ou préférer l'accepter comme tel, ne pas laisser les émotions néfastes m'envahir, accaparer toutes mes facultés mentales (oui j'en ai encore !), et ainsi étouffer tout réflexe du "et alors "?

Un bouchon ? Oui mais il fait beau ce matin. Ah ! Je n'avais jamais remarqué que l'on voyait la Tour Bretagne d'ici ! Oui bon, que je m'énerve ou pas, cette loi passera quand même...

Pas de projection négative : "vivement ce soir que je rentre", "je ne vais pas être en avance encore ce matin", "qu'est ce que je vais trouver comme problème au travail", "mon ex va encore m'emmerder je le sens"... Non, juste vivre le présent, mon présent, qu'il soit actif ou passif, plein de sollicitations ou d'une grande vacuité. Ne pas s'apesantir quand on n'a aucune prise sur les éléments extérieurs que nous rencontrons. Et arrêter de chercher systématiquement la confrontation...

Attention ! Ce n'est ni une fuite, ni une décérébration. Prendre des distances avec ses émotions, mieux les canaliser, apprendre à se connaître, n'empêche nullement de réfléchir à tous les sujets possibles et imaginables, ni de s'émerveiller d'un coucher de soleil sur l'océan, ni d'agir avec conviction pour ce qui nous tient à coeur.

Cela préserve juste de la pollution mentale qui empêche d'apprécier son quotidien et la chance de pouvoir le vivre comme on l'a choisi, en mode détox et épanouissement personnel...

 

 

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Terminus Autun (page 3)

Effectivement, l'ambiance est pour le moins particulière. Guy De Noblecourt, ou du moins ce qu'il en reste, est attaché à une barre en inox, à laquelle, ironie du sort, se sont tenues tant de personnes pour ne pas tomber et se blesser. La mise en scène est particulièrement macabre, et je vois le gendarme Perrin changer imperceptiblement de couleur. Le sourire qui semble immuable chez lui s'est transformé en un rictus de dégoût. Tu voulais sortir de ta routine mon gars, te voilà servi !

L'abdomen du sénateur-maire a été ouvert, et les organes sont répandus par terre, dans un magma infâme. Du sang a giclé de tout côté. Clou du spectacle, l'appareil génital a été délicatement découpé et positionné dans la bouche du défunt. Perrin retrouve son humour décapant pour lancer « c'est ce qu'on appelle se bouffer les couilles » ! Un regard noir et appuyé du major Princet le ramène rapidement à une retenue salutaire. Ce dernier enchaîne. «Bon, je vous fais le topo. D'après les premières constatations, la mort remonte aux environs de 23h, minuit Ça demandera à être affiné bien sûr, mais on a au moins ça comme point de départ. Par contre, et comme vous pouvez le voir, tout a été méticuleusement nettoyé aux endroits où il pouvait y avoir des empreintes, digitales ou de pas. Comme on ne retrouve aucune trace de sang dehors, on peut même penser que l'auteur du crime s'est déchaussé, ou avait prévu une paire de rechange. Autre point important, la victime semble avoir été tuée avant d'être, d'être, enfin vous voyez, quoi ».

–                    Et le reste du wagon ? Des empreintes significatives ?

–                    Il y a eu une réunion hier soir, nous recensons les identités des personnes qui étaient présentes pour faire un relevé d'empreintes et comparer avec toutes celles qu'on pourra trouver ici. Mais ça paraît compliqué. Les auditions sont également en cours à la brigade.

–                    Vous avez pris la déposition du chef de gare ? Il était semble-t-il présent ?

–                    Vous pourrez consulter le rapport si ça vous dit. Apparemment, sept personnes en plus du maire assistaient à cette réunion, toutes membres des fadas qui veulent faire rouler ce train à des fins touristiques, et donc le chef de gare. D'après lui, la séance a été houleuse. Le maire aurait promis une forte subvention pour restaurer l'autorail, et user de son poids politique pour que la ligne vers Saulieu soit donnée à l'association contre un euro symbolique. Mais les élections sont passées et les belles promesses avec...

Etonnant de constater qu'un homme politique puisse encore de nos jours continuer à utiliser ce genre de subterfuge pour renouveler son mandat électoral. Mais en y réfléchissant bien, c'est surtout que des gens continuent à croire à ces promesses qui est le plus désolant. Pour tout dire, je n'ai pas une très grande estime pour le monde de la politique. Pas plus que pour celui du spectacle d'ailleurs. Alors pourquoi travailler au département des Personnalités Publiques, Direction Nationale de la Police Judiciaire ? Disons que mon mépris pour cette caste me permet de résister aux pressions liées à ce genre de dossier. Je me demande comment le procureur a expliqué les circonstances du crime. Même s'il est resté sobre, les détails finiront bien par alimenter les journaux. Et là, on verra si le proc' les a plus solides que feu monsieur De Noblecourt.

–                    Des pistes pour le moment major ?

–                    Le président est pour l'instant notre principal suspect. L'engueulade d'hier a été particulièrement violente et il aurait proféré des menaces de mort envers le sénateur-maire.

–                    Mmm. Le maire semble avoir quitté les lieux à la fin de la réunion, vers vingt-deux heures trente, c'est ça ?

–                    Oui, comme les autres, sauf le président, qui range l'autorail avant de partir.

–                    Et la victime serait revenue ? Pourquoi ?

–                    L'enquête le dira. Vous débutez dans la police ?

Je préfère ne pas répondre à l'insulte à peine voilée. «C'était à lui la Twingo là ? Le chef de gare affirme l'avoir vu partir en compagnie de son chauffeur dans sa voiture de fonction. Pourquoi revenir ensuite seul alors qu'il a été menacé auparavant ? Des indices dans sa voiture ? »

–                    Uniquement ses empreintes. Et quant au véhicule, vous pensez que c'est le plus important à ce stade de l'enquête ?

–                    Simple question de débutant major…

 

Le chef de gare nous attend sur le ballast, toujours aussi dégoulinant. «Qu'avez-vous fait après la réunion ?

–                    Je suis rentré directement chez moi. J'habite le logement de fonction au-dessus de la gare. C'est pratique, j'ai juste à traverser les voies.

–                    Quelqu'un peut attester de l'heure à laquelle vous êtes rentré ?

–                    Ma femme. Elle m'attend toujours avant de dormir quand j'ai ce genre de réunion. Je suis un alcoolique repenti et elle est inquiète à l'idée que je puisse replonger.

–                    Monsieur Mangenot a été virulent envers monsieur De Noblecourt ?

–                    Comme je vous l'ai dit, je suis ancien alcoolique, et... disons que monsieur Mangenot est comment dire... enfin bon, il tape dans la gourde comme on dit dans la région. Il est retraité de la SNCF, aiguilleur de métier.

–                    Et ?

–                    Et hier soir, il était déjà dans un état d'ébriété avancé au début de la réunion. Il s'en est pris violemment à monsieur le maire à plusieurs reprises. Il l'a accusé de menteur, de tricheur, d'escroc. Juste avant la fin, il lui a dit que s'il ne tenait pas ses promesses, il lui ferait la peau.

–                    Il prononce souvent ce type de menaces ?

–                    Il a le sang chaud mais c'est un bon gars au fond. Il s'énerve facilement, mais... vous pensez que c'est lui qui a tué monsieur De Noblecourt ?

–                    Mon regard croise celui du major Princet : « l'enquête le dira ».

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31 janvier 2019

TERMINUS AUTUN (page 2)

La route est sinueuse dans ce paysage vallonné. On imagine l'herbe des prés bien épaisse et bien grasse. Un bonheur pour les vaches de race charollaise qui paissent ici et là malgré le froid.

Nous entrons dans Autun, dont le panneau d'entrée explique fièrement son statut d'ancienne ville gallo-romaine. Un plan d'eau reflète les collines environnantes, et on distingue les monuments qui égaient la petite ville d'environ dix-sept mille âmes.

Arrivés sur la place de la gare, dont le bâtiment a été fraîchement repeint, une nuée de journalistes entoure le procureur et le commandant de la compagnie de gendarmerie. La victime était connue nationalement, et les journaleux ont afflué en masse. A quelques mètres de là, les paraboles sont parfaitement orientées vers l'équateur et un quelconque satellite de télécommunications en orbite géostationnaire. La minute de gloire du procureur de la République... Espérons que cela ne lui montera pas trop à la tête. Se retrouver sans préparation sous les feux des projecteurs, avec la pression de la chancellerie, en a chamboulé plus d'un par le passé. Pensée sans compassion pour le juge Burgaud, star misérable de l'affaire de pédophilie d'Outreau dans le Nord...

 

Nous profitons de l'agitation ambiante pour entrer discrètement dans le bâtiment voyageur. Le chef de gare est là, il tient nerveusement sa casquette dans une main et transpire abondamment en dépit de la température hivernale. Poignée de main moite, il nous accompagne jusqu'à une voie à l'écart où trône un train recouvert de tags.

–                    C'est un autorail SNCF réformé, qui a été racheté par une association de passionnés, le Rail Autunois-Morvan. Ils veulent le retaper et le faire rouler sur la portion de voie fermée au trafic au nord de la gare, en direction de Saulieu.

Saulieu, ça me parle, c'est là où le regretté Bernard Loiseau tenait son restaurant étoilé avant de se suicider dramatiquement il y a maintenant quelques années. La bouffe a toujours tenu une place importante dans ma vie, et ma morphologie me le rappelle à chaque fois que je pourrais vouloir l'oublier.

–                    Et qu'est-ce que De Noblecourt faisait dans cet autorail ?

–                    Hier soir a eu lieu une réunion à laquelle j'ai assisté après mon service. L'association avait invité monsieur le maire pour évoquer ce projet de ligne touristique et les besoins de subventions pour restaurer l'autorail.

–                    D'accord, mais d'après ce que je sais, on n'a retrouvé le corps du maire que ce matin. Ça impliquerait donc qu'il aurait été tué à l'issue de cette réunion.

–                    J'ai vu monsieur le maire quitter la réunion après le traditionnel petit verre de rouge, il devait être à peu près vingt-deux heures trente. Il était garé là, juste à côté, son chauffeur attendait patiemment dans la voiture de fonction. On s'est tous serrés la main et chacun est rentré chez lui. Le président, Philippe Mangenot, est resté pour ramasser les verres et les cadavres de bouteilles. Et peut-être aussi finir les fonds de verres, mais ça c'est une autre histoire.

–                    OK. Perrin, tu notes le nom du président de l'association, faudra qu'on aille lui rendre une petite visite. Et qui a les clés de l'autorail ?

–                    Ça s'ouvre avec une clé spéciale, brevetée SNCF, mais il n'est jamais fermé. Ça ne viendrait à l'idée de personne d'entrer, hormis bien sûr les membres de l'association. On n'est pas en banlieue parisienne ici vous savez...

 

Les « experts », version Gendarmerie Nationale, sont effectivement à l'oeuvre. À priori, peu de chance de trouver des indices à proximité de la rame, les cailloux du ballast ne sont généralement pas très coopératifs. Et avec le vomi du commandant de compagnie en plus...

–                    C'est vous le flic de Paris je suppose ?

Je ne prends même pas la peine de répondre en me retournant.

–                    Major Princet, adjoint du commandant de la compagnie de Gendarmerie d'Autun. Pas de poignée de main, pas même l'esquisse d'un sourire. Le décor est planté : je gêne, mais ça je m'y attendais. « Vous pouvez monter dans la rame si vous voulez, mais surtout ne touchez à rien », parvient-il à articuler malgré ses mâchoires serrées. Il doit rire quand il se brûle celui-là, mais pas de quoi me perturber. La susceptibilité est l'ennemie du policier.

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TERMINUS AUTUN (page 1)

11h53. Le TGV va bientôt s'immobiliser. Je repasse dans ma tête les quelques bribes d'éléments confiés à la hâte par mon chef de service, deux heures plus tôt, dans son bureau lugubre situé sous les toits du Quai des Orfèvres.

« C'est une affaire sérieuse mon garçon ». Le commissaire divisionnaire Locatelli, digne représentant de la communauté Corse dans la police nationale, en a vu d'autres en bientôt trente-cinq ans de carrière. Pourtant, son ton est grave :

-           De Noblecourt, ça te parle ?

-          C’est pas un vieillard de plus qui au lieu de profiter de l’automne de sa vie continue à percevoir des émoluments d’élu ?

-          Tout juste mon garçon. Le président du groupe du Parti Populaire Démocrate au Sénat. Une carrière politique plus longue que mon histoire dans la police, plusieurs fois ministre, il a usé plus de Présidents de la République que j'ai eu de femmes.

Belle performance, pensai-je en mon fort intérieur, quand on connaît la réputation de séducteur du chef du département « Personnalités Publiques » de la Police Judiciaire.

–          Bon, en tout cas il est mort dans sa ville d'Autun et tout laisse à penser que quelqu'un de bien intentionné l'a considérablement aidé dans son départ vers l'au-delà... Tu connais le Morvan ? Ton TGV t'attend gare de Lyon. Officiellement, c'est la gendarmerie du coin qui gère l'enquête, tu n'es là que comme « conseiller ». Pour autant, ils ont reçu l'ordre du Ministère de l'Intérieur de faciliter ton enquête et de collaborer pleinement.

La bonne blague ! La dernière fois que police et gendarmerie ont collaboré réellement, c'était dans les années quarante, pour les bienfaits que l'on connaît...

 

La porte du TGV s'ouvre et un vent glacial m'enveloppe immédiatement. Pas chaud l'hiver ici, ça promet. La même voix impersonnelle que dans n'importe quelle autre gare m'annonce la bienvenue. Il est loin le temps où le simple accent, les intonations du chef de gare local étaient une invitation au voyage, au dépaysement. Bonjour l'uniformité, bonjour tristesse. La gare s'appelle Le Creusot -Montceau-les Mines – Montchanin TGV. A mon avis, ils ont cherché un nom encore plus grand mais ça ne tenait pas sur les pancartes de gare standardisées de la SNCF.

Moins compliqué de trouver la sortie de la gare en revanche, elle est plantée au milieu de nulle part, sans doute pour ne pas choisir un tracé de ligne ferroviaire qui aurait privilégié l'une de ces trois fameuses villes. La France a toujours été un pays courageux dans ses décisions politiques...

Sur le parking m'attend un bleu. C'est comme ça qu'on appelle les gendarmes dans la police. Frères ennemis de toujours, dont les rapports conflictuels ont souvent nui à l'efficacité des enquêtes. Les exemples sont légions. Maintenant on cohabite beaucoup moins : les villes de plus de vingt mille habitants sont pour les voitures blanches, et les zones rurales pour les Cruchots, autre surnom pour nos « amis ». Mais là, l'histoire est jugée suffisamment sérieuse pour que la Section des Personnalités Publiques participe pleinement à l'enquête.

Le gamin – il doit avoir à peine vingt cinq ans – est souriant et avenant. Il est trop jeune pour se laisser influencer par les conneries du passé, qu'on appelle souvent à tort « les traditions ».

Il se fige dans un garde-à-vous impeccable. « Gendarme Perrin. Vous êtes le capitaine Le Navel ? Je suis votre chauffeur pendant la durée de l'enquête ».

Oui, je suis vaguement breton, parmi des croisements improbables qui ont fait le bonhomme que je suis et qui voit avec fatalité la cinquantaine approcher.

La poignée de main est franche et virile, j'aime ça. Il m'invite à monter dans un Kangoo passablement délavé, quelque peu boueux. L'intérieur est aussi fatigué que l'aspect extérieur le laissait augurer. Je jette un regard furtif au tableau de bord : le voyant d'huile est allumé, et le compteur affiche ses deux cent trente mille kilomètres. Bienvenue dans le quotidien des forces de sécurité françaises...

–                    Je vous conduis immédiatement sur la scène du crime. Nos experts sont déjà à l'oeuvre. Je croyais qu'ils allaient débarquer avec des moyens comme dans la série US, mais en fait non, rigole-t-il. Ce gamin me plaît.

–                    Qu'est-ce que tu peux me dire sur le meurtre ?

–                    Le sénateur-maire d'Autun, monsieur De Noblecourt, a été retrouvé méchamment mort ce matin à la gare, dans un train désaffecté. C'est plutôt moche paraît-il. Mon commandant de compagnie, qui m'a envoyé vous chercher, je le soupçonne de ne pas avoir supporté, étant donné la peau de renard qu'il a fait en ressortant du wagon. Je crois que c'est une partie des raisons pour lesquelles il a préféré que vous constatiez par vous-même avant de le voir dans son bureau. J'ai cru comprendre aussi qu'il n'était pas très content de toute cette agitation, ni de votre arrivée d'ailleurs. Personnellement, j'ai intégré la gendarmerie il y a trois ans, et je pensais qu'une affectation dans un Peloton de Surveillance et d'Intervention serait bandante, mais qu'est-ce que je me fais chier. A part des accidents de la route, des différends familiaux sur fond d'alcool et quelques paysans au bout du rouleau qui se retranchent dans leur ferme et menacent de se faire sauter le caisson avec leur fusil de chasse, c'est le calme plat ici. Alors autant vous dire que je suis content que ça bouge un peu. Et si je peux vous aider...

Oui vraiment il me plaît ce gamin.

Posté par Tintin7144 à 17:27 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Le premier jour du reste de ta vie

C’est le titre d’une chanson d’Etienne Daho que j’ai entendue ce matin par hasard. Je l’avais totalement oubliée, depuis sa sortie que j’estime à l’hiver 1997 – 1998. Et c’est bien de cela dont il s’agit. La nécessité absolue d’arrêter de subir les éléments portants ou contraires de la vie. Dresser un constat le sans concession de ses failles, de ses échecs. Essayer d’en comprendre la cause pour ne plus jamais les reproduire. C’est aussi définir clairement qui je suis, quels sont mes besoins réels, mes aspirations, ce qui compte vraiment pour moi. Chasser le superflu, faire tomber le masque, et être enfin soi-même. S’accepter, accepter les autres. Vivre, être heureux et rendre heureux les gens qu’on aime, mais aussi toutes les personnes que tu croises quotidiennement.

Le chemin est long, semé d’embûches, et sans doute de rechutes. Mais la volonté est bien là.

Il faut aussi laisser de côté les rancunes. Cela suppose d’éviter les pensées et les sujets qui finalement ne font que ramener au passé et à la douleur. J’essaierai sur ce blog d’incarner cette nouvelle orientation que je souhaite donner à ma vie.

Oh bien sûr, l’ironie qui me caractérise ne disparaîtra jamais, pas plus qu’un certain décalage savamment cultivé, sans doute par peur d’être enfermé dans des cases dans lesquelles je me sens trop à l’étroit.

Ce blog sera donc l’expression de mon humeur, de mes idées, de mes pensées. Il sera aussi la vitrine d’un roman policier que j’écris actuellement, sans aucune prétention, avec seulement l’envie de partager, et sera délivré au rythme de sa progression.

Mais la richesse de cet exercice d’expression personnelle n’a de réelle valeur que si toi, vous, peu importe qui, y apporte ses commentaires, son avis, dans un souci d’échange d’idées, de remise en cause de ses modèles, de ses représentations.

Je compte donc sur vous toutes et tous pour que ce blog vive, et qu’il contribue à me faire avancer dans mon cheminement personnel.

Posté par Tintin7144 à 17:26 - Commentaires [10] - Permalien [#]